La fantasy, ce genre littéraire méconnu et souvent ignoré (Books)

Bonjour mes bibliophiles de Nautes!

Il y a quelque temps, je vous avais rédigé un bel article sur la science-fiction, notamment parce que Kimysmile m’en avait fait la demande. Et elle m’avait demandé aussi de suivre avec la fantasy, un genre qu’on assimile trop souvent à la SF alors qu’elles n’ont rien à voir…

C’est désormais chose faite. Comme la dernière fois, vous retrouverez pas mal de théorie sur le sujet (désolée, c’était quand même le sujet de mon TFE (mémoire, en gros)), et aussi pas mal de suggestions de lecture en fonction des différents sous-genres.

Ready? Set? GO!

Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or, le monde serait plus rempli de joie. J.R.R. TOLKIEN

Je reprécise donc d’entrée que les ouvrages/films cités ici font tous partie de ma bibliothèque personnelle, et que si vous voulez en partager d’autres, n’hésitez pas à commenter! 😀

La fantasy, finalement, c’est quoi?

La fantasy n’est pas aussi jeune qu’on aurait tendance à le croire. Elle est en fait apparue au XIXe siècle, en Angleterre, même si, au départ, les classifications l’assimilaient à la science-fiction. Certains théoriciens pensent cependant que la fantasy est en quelque sorte la descendante des mythes et légendes antiques.

La fantasy, alors, c’est un genre littéraire qui fait appel à des mondes différents du nôtres, à des créatures surnaturelles et le plus souvent à une forme de magie, mais rien de tout cela ne peut être expliqué par la science. Et c’est bien en cela que ce genre diffère de la SF: science-fiction, fiction ancrée dans l’explication scientifique; fantasy, fantaisie, tout ce qui s’y passe est surnaturel mais fait partie de la norme.

L’un des précurseurs du genre, vous le connaissez très bien, puisqu’il s’appelle Lewis Carroll, et qu’il a publié un livre que nous connaissons tous ne fût-ce que de nom: Alice in Wonderland. Alice se trouve en effet happée dans un monde imaginaire proche du nôtre (puisque sous terre), dans lequel évoluent des créatures surnaturelles et une bonne dose de magie. Et rien de tout cela n’est explicable? BAM: fantasy.

Vous avez saisi l’intention? Alors en avant pour les sous-genres, et il y en a! 😉

La low fantasy

Ce que c’est

La low fantasy, ou ‘basse fantasy’ en français, est une fantasy dans laquelle le monde représenté et dans lequel se passent des évènements surnaturels est familier au lecteur, donc, le plus souvent, le nôtre.

Pendant longtemps, cette branche a condensé des travaux de genre fantastique, puisqu’on y citait Le Portrait de Dorian Gray, pourtant fantastique.

Quelques exemples

Avant de continuer, je tiens à préciser que plusieurs de ces romans se retrouveront aussi dans une autre branche, et je m’expliquerai plus tard. 😉

A la croisée des mondes (His Dark Materials) (P. PULLMAN)

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Lyra, jeune orpheline vivant à Oxford, a pour compagnon une manifestation de son âme, son daemon, Pantalaimon. Elle se découvre un destin hors du commun et évolue dans un monde presqu’identique au nôtre, avec quelques différences.

La saga Harry Potter (J.K. ROWLING)

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D’une certaine façon, le monde de Harry, nous le connaissons tous (enfin, sauf les nouvelles générations qui n’ont pas connu Windows 95 et les 90s…). Certes, Hogwarts peut finalement être considéré comme monde parallèle, mais en grande majorité, nous voyons là le monde ‘normal’ dans lequel se posent des variations.

Les lames du Cardinal (P. PEVEL)

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Le Cardinal de Richelieu utilise des dragons pour contrer ses ennemis. Un personnage historique, dans son environnement historique, avec des personnages secondaires historiques, mais une petite différence: les dragons. 😉

Artemis Fowl (E. COLFER)

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Même principe que pour Harry, Artemis évolue dans notre monde, sauf que, invisibles à l’œil nu, se promènent fées, nains et autres trolls… Mais je pense que vous avez compris le principe. 🙂

La high fantasy

Ce que c’est

La high fantasy, ou ‘haute fantasy’ en VF, est la fantasy qui se base sur les mythes et légendes, les transformant ou les utilisant pour créer un monde surnaturel. Le plus souvent, le héros de ces romans va faire un voyage entre son monde et un monde parallèle. Dans d’autres cas, il vivra déjà dans ce monde imaginaire que le lecteur découvrira seul. Elle se découpe en deux branches principales.

La fairytale fantasy

Ce que c’est

La fairytale fantasy, traduite par ‘fantasy des contes de fées’ est un sous-genre de fantasy souvent lu dans les pays anglo-saxons et qui utilisent en grande partie les légendes du folklore pour construire ses mondes imaginaires.

Quelques exemples

Je n’aurai que des exemples abstraits à vous donner, mais toute réécriture d’un conte de fées connu (par exemple Cendrillon) sera assimilée à de la fairytale fantasy. Ainsi, on eut retrouver des réécritures plus adultes, ancrée dans un monde contemporain ou steampunk, d’histoires que nous connaissons tous.

La myth fantasy

Ce que c’est

La myth fantasy, comme son nom l’indique, va elle plutôt se baser sur les mythes et légendes, issus de toutes les mythologies: gréco-romaine; égyptienne; nordique; islandaise etc. Elle se découpe elle aussi en deux branches principales.

L’heroic fantasy

Ce que c’est

L’heroic fantasy, ou ‘fantasy épique’ s’ancre particulièrement dans la littérature et la société médiévales. On y trouvera donc un système féodal (un roi avec des vassaux, des chevaliers…) et une technologie plutôt médiévale elle aussi. Dans l’heroic fantasy, le héros doit accomplir une quête, la plupart du temps pour sauver son monde d’un mal ultime.

C’est ce qu’on appelle la dichotomie entre le Bien et le Mal: une intrigue basée sur l’opposition entre ces deux forces. Le méchant y sera généralement stéréotypé: laid, portant des couleurs sombres, avec un visage mauvais.

Quelques exemples

La saga Harry Potter (J.K. ROWLING)

Je la recite ici uniquement parce que Hogwarts et Hogsmeade, par exemple, vivent toujours dans une époque technologiquement reculée; et qu’il y a l’idée de la Quête à accomplir: vaincre Voldemort, le Mal ultime.

Les Chroniques de Narnia (C.S. LEWIS)

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C.S. Lewis, grand ami d’un certain J.R.R. Tolkien, a lui aussi construit un monde parallèle dans lequel on peut se plonger via une armoire, une pomme ou encore un tableau enchantés. Dans ce monde, les habitants et créatures évoluent comme au Moyen-Âge, avec un système de rois et reines et de vassaux. Les Pevensie ont eux aussi, dans le deuxième tome, pour mission de vaincre Jadis, la vilaine reine.

La saga de l’Héritage (C. PAOLINI)

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Eragon, notre héros, vit déjà dans son monde imaginaire lorsque nous le rencontrons. Il évolue lui aussi dans un système médiéval de rois et de vassaux, ainsi que de castes, dont celle des Dragonniers qui supplante toutes les autres. Sa Quête est ici aussi de vaincre le Mal, incarné par Galbatorix.

La saga de Lladrana (R.D. OWENS)

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Plusieurs personnages féminins de notre monde se sentent appelées par une force mystique qui les envoie dans le monde de Lladrana, où évoluent castes et magie. Plus adulte, cette saga parle notamment de la consommation d’énergie lors de la production de magie, ce que j’ai beaucoup apprécié. 🙂

La Quête et les Mondes d’Ewilan (P. BOTTERO)

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Maitre incontesté de la fantasy française, Pierre Bottero nous a offert six romans dans lesquels Camille, jeune fille de quatorze ans, et son meilleur ami Salim se retrouvent par accident dans un monde parallèle, Gwendalavir. Camille se découvre des pouvoirs étranges et apprend qu’elle est en fait originaire de Gwendalavir, placée dans notre monde pour la protéger d’un Mal suprême… Je suis toujours aussi fan dix ans après avoir découvert cette beauté… ❤

Le pacte des marchombres (P. BOTTERO)

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Une spin-off à Ewilan qui nous apprend la genèse d’un personnage secondaire, Ellana.

A song of ice and fire (G.R.R. MARTIN)

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Game of Thrones, la série, a marqué les esprits. Les livres ne sont pas en reste, et nous envoient dans Westeros et Essos, dont la cartographie rappelle bizarrement les iles britanniques…et dans lesquels la plupart des protagonistes ont une Quête à effectuer, qu’elle soit pour le pouvoir; ou pour vaincre leurs peurs et évoluer.

Peter et Wendy (J.M. BARRIE)

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L’un des premiers à avoir pris sa plume pour écrire de la fantasy fut donc James Matthew Barrie, papa de Peter Pan. Les enfants Darling voyagent jusqu’au monde imaginaire de Neverland, Ils doivent y combattre l’infâme Capitaine Crochet.

Les aventures de Winnie l’Ourson (A.A. MILNE)

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L’un de mes livres préférés, et pourtant, qu’est-ce que ça fait chialer… Jean-Christophe voyage de son jardin jusqu’à la Forêt des Rêves Bleus pour y jouer avec ses meilleurs amis, et combattre ce que l’on ne comprend que bien des années après être une maladie foudroyante…

Alice in Wonderland (L. CARROLL)

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J’en parlais dans ma presqu’intro, Lewis Carroll est un précurseur, au même titre que Barrie. Quant à la Quête d’Alice? Vaincre la Reine de Cœur, of course!

Ekhö, monde miroir (ALERSTON & BARBUCCI)

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Fourmille, jeune étudiante, se retrouve malgré elle transportée dans un monde parallèle où toutes les villes du monde existent, mais où les avions sont des dragons, l’électricité et les douches n’existent pas, et d’étranges rongeurs semblent au sommet de la hiérarchie… Une très chouette série de BDs que je conseille fortement! 😀

Stardust (N. GAIMAN)

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Petit kif ici de citer Neil Gaiman que j’aime d’amour intense (à cause de quoi, on se demande bien) et qui envoie ici le jeune Tristan au-delà d’un mur qui sépare notre monde (alors en pleine ère victorienne) d’un monde magique extraordinaire où les étoiles se transforment en jeunes femmes…

The Silmarillion/The Hobbit/Lord of the Rings (J.R.R. TOLKIEN)

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Voilà… Je suis persuadée que vous vous demandiez quand j’allais ENFIN parler du gros morceau, de l’éléphant dans la pièce. XD Eeeeeh oui, notre Maitre à tous a bien rédigé les meilleurs ouvrages de fantasy de l’Univers, basant ses personnages, ses écrits, ses langues et ses mythes dans la mythologie nordique et islandaise. Thorin et Gandalf, par exemple, sont des personnages mythologiques. Quant au sindarin, la langue des elfes? Basée en partie sur le finnois. 🙂 Je pourrais vous parler de cet homme merveilleux pendant des heures sans me lasser, mais allez donc voir Tolkien, le film, qui montre une partie de sa vie extraordinaire. ❤

L’arthurian fantasy

Ce que c’est

L’arthurian fantasy, enfin, comme l’indice majeur de son nom, est une fantasy qui se base sur la légende arthurienne et la réécrit, entièrement ou en partie.

Quelques exemples

Le cycle du Graal (C. de MONTELLA)

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Lancelot, Perceval et Galahad sont les héros des quatre romans de ce cycle qui réécrit la légende arthurienne de manière plus moderne, avec des antagonistes mieux construits que chez Chrétien de Troyes. 😉

Pour la petite histoire, oui, Kaamelott est bien de l’arthurian fantasy. 😛

Quelques bandes-annonces

Je vous laisse maintenant faire vos devoirs: les bandes-annonces suivantes sont d’œuvres qui n’ont pas été citées précédemment mais qui font bien partie du genre fantasy. Saurez-vous pourquoi? Pourrez-vous les replacer dans leur sous-genre respectif? J’ai confiance en vous mes Padawans (ah, oups, wrong genre…)! ❤

Comme la dernière fois, j’espère vous avoir aidés à faire la lumière sur un genre littéraire souvent mal compris, et vous avoir donné des idées de lecture/visionnages. N’hésitez pas à donner vos idées/favoris en commentaires! 😀

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